Air Madagascar

Air Madagascar est la compagnie aérienne nationale malgache. Créée en 1961 sous le nom de Madair, elle prendra son nom définitif l'année suivante. Elle est membre de l'Alliance Vanille à compter de la fondation de cette alliance en juin 2015

La vanille

La vanille Bourbon ou vanille de Bourbon est un label créé en 1964 pour différencier les productions de vanille (Vanilla planifolia) de l'Océan Indien. Madagascar produit 60% de la vanille mondiale

Hery Rajaonarimampianina

Le 17 janvier 2014, il est officiellement proclamé président de la République par la Cour électorale spéciale, avec 53,49 % des suffrages devant son adversaire, Jean-Louis Robinson, crédité de 46,51 %7. Le camp de ce dernier accuse cependant de fraude électorale celui du nouveau président. Dès son élection, Rajaonarimampianina devient le chef d'État ayant le plus long nom avec 44 lettres dans son nom complet, et 19 dans son nom de famille. Il est investi le 25 janvier 2014 à Mahamasina en présence de son adversaire qui a reconnu sa défaite quelques jours plus tôt.

Tourisme et politique

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Le tourisme devrait être un des grands acteurs économiques de Madagascar, mais dès maintenant nous savons que les chiffres prévus pour cette année ne seront pas atteints.

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La filière a pris une première claque début 2015 avec les cyclones et les inondations d’une partie de la région d’Antananarivo, mais comme si cela ne suffisait pas il a fallu que la politique et la corruption de quelques élus s’en mêlent.
Nous ne sommes que début juillet, mais nous pouvons déjà dire avec certitudes que cette année ne remplira pas ses objectifs.

Quelle belle image pour la Communauté Internationale et les éventuels visiteurs que celle donnée par ces députés réclamant la destitution du Président puis celle du Premier Ministre ! Ils font passer Madagascar pour un pays politiquement instable aux yeux de l’étranger juste parce qu’ils n’ont pu obtenir les biens matériels qu’ils réclamaient comme un dû.
Pour quelques malheureux véhicules 4×4 et quelques privilèges, l’île va perdre des dizaines de milliers de touristes et leurs devises, et c’est ce que les députés appellent aller dans le sens du peuple et du pays. C’est à se demander s’ils ont compris la tâche qui leur incombait et si un seul jour de leur mandat ils ont pensé à une autre personne qu’à la leur !
Pour eux, il n’y aura pas de perte financière puisqu’ils ont certainement été indemnisés par l’opposition ou par une caisse noire via un parti ou une organisation politique, mais qu’adviendra-t-il des travailleurs du tourisme qui vont devoir se priver de leur gagne-pain par la faute d’une poignée de corrompus nombrilistes ?

Que dire également de cette grève chez Air Madagascar ? Sinon qu’elle semble, elle aussi, avoir été orchestrée pour mettre à mal le gouvernement actuel. Mais au final c’est bien tout le pays qui va en pâtir et les voyageurs risquent bien de devoir se passer définitivement de cette compagnie nationale.
Comme pour les députés, la grève d’Air Madagascar a été lancée par des « nantis » et ce sont les petites gens qui devront en subir les conséquences.

Tous ces gens qui se laissent corrompre pour un peu d’argent facile ne se rendent même pas compte qu’ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils sont assis, car avec de tels actes jamais le pays ne pourra économiquement se relever mais au contraire il perd à chaque fois de sa crédibilité vis-à-vis des investisseurs et des éventuels touristes.
In fine plus aucun organisme international ne fera confiance à Madagascar.

Même si le nombre de petites et de moyennes infrastructures hôtelières n’a cessé de croître depuis 2008, la sortie de la crise et l’arrivée au pouvoir du Président actuel était perçue comme le début d’un renouveau par toute la filière et tous les professionnels de la branche. Les chiffres ont stagné pendant cinq ans et tous espéraient sur une reprise pour que la mauvaise ambiance qui règne dans ce secteur s’arrête.
Au lieu de cela, 2015 va être une nouvelle année de disette pour toute la profession et Madagascar ne pourra exprimer son potentiel avant plusieurs années … pour autant que de nouvelles affaires ne viennent pas réduire à néant les efforts de ceux qui luttent pour que le pays retrouve la place qui lui revient de droit.

Quand pourra-t-on compter sur une classe politique responsable et mâture, quand pourra-t-on compter sur une opposition qui propose des solutions plutôt que de critiquer et de détruire le pays ?

Kris

touristes
source images et statistiques

SEFAFI: VERS DE NOUVELLES ÉLECTIONS BIAISÉES

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 sefafi-logo

Réclamées depuis longtemps, les élections communales auront peut-être lieu comme prévu, le vendredi 31 juillet 2015. Il est vrai que les tergiversations au sommet de l’État et les manœuvres politiques ont largement détourné l’attention des médias sur elles, probablement parce qu’elles testeront la véritable influence électorale des différents protagonistes : moins les partis et leurs candidats ont à parler de programmes et de vision politique, mieux ils se portent.

Les récentes motions de déchéance et de censure ont vu apparaitre une majorité parlementaire. Restera-t-elle une majorité d’appartenance et constituera-t-elle le socle d’une majorité stable et crédible ? Dans ce cadre, quelle sera son attitude vis-à-vis des projets de loi de l’exécutif, et qui formera l’opposition future ?

En attendant, les élections communales sont d’une importance primordiale pour la démocratie, pour la République et pour le développement, mais les signes avant-coureurs de nouvelles élections « biaisées » sont perceptibles et sèment le trouble.

Précampagne et financement

Le SeFaFi avait soulevé la question du financement des partis le 15 janvier dernier[1]. L’épisode des 200 millions Ariary, prétendument destinés à la campagne électorale des candidats MAPAR, n’a pas soulevé de questions. Or si cette somme était véritablement destinée à la campagne, qu’en est-il de l’obligation légale d’ouverture de compte et de traçage des financements[2] par les partis politiques ?

Aussi inquiétante que les cartons remplis de billets de banque « trouvés » dans des circonstances rocambolesques, est la propagande avant l’heure, pratiqué notamment par le Président de la République lui-même qui, le 1er juin, s’affichait à Ambohidratrimo avec les représentants de bailleurs de fonds et les candidats HVM à la mairie. Les tournées médiatiques dans les régions ont apparemment été planifiées pour devancer l’interdiction formelle du Code électoral de toute inauguration officielle pendant la campagne électorale[3]. Le fait de se déplacer sans se prévaloir de la compagnie nationale (à un moment où ses usagers étaient cloués au sol) concordait-il avec l’interdiction formelle par la loi de toute utilisation de biens publics à des fins de propagande[4] ?

La campagne électorale devrait durer 15 jours, commençant le jeudi 16 juillet à 6 heures et prenant fin le 30 juillet à 6 heures[5]. On comprend que cette période de campagne soit limitée, tant les réunions électorales tournent vite au carnaval, au concert, à la distribution de « cadeaux ». Mais à l’évidence, l’avantage est laissé aux détenteurs du pouvoir et des médias pendant la période dite de précampagne (entre le dépôt de candidature et le début de la campagne officielle). La TVM et la RNM sont saturées de messages politiques émanant du seul gouvernement alors que la période légale pour faire campagne n’est pas encore ouverte et que les textes interdisent aux officiels en poste de soutenir ouvertement tel ou tel candidat[6]. Vu les avancées technologiques, surtout dans la sphère des médias, il semblerait nécessaire de revoir les textes concernant cette période électorale, non pour allonger la période de tapage phonique, mais pour permettre une meilleure connaissance par les électeurs de leurs candidats et de leurs programmes.

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A l’approche de la campagne électorale, les citoyens n’ont pas toujours été informés de la liste finale des candidats dans chaque commune. Par ailleurs, la liste des électeurs n’a pas davantage été rendue publique.

Des initiatives ont été réalisées pour lancer des débats sur le rôle et la mission des élus locaux, et le KMF/CNOE sensibilise la base avec les moyens du bord. Mais la CENI-T est la grande absente de cette campagne de proximité : à preuve, lorsque des candidats de la commune urbaine d’Antananarivo leur ont demandé ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire avant la propagande (campagne préélectorale), les membres de la CENI-T sont restés évasifs.

Car c’est là que la CENI-T est la plus défaillante, ainsi que les médias sensés servir d’intermédiaire entre l’instance électorale et les électeurs. Par manque de budget sans doute, mais surtout par manque de volonté, la CENI-T ne communique qu’un minimum d’informations, empêchant du même coup les organisations concernées de la société civile de faire correctement leur travail d’éducation électorale. Les listes électorales sont-elles disponibles au niveau des fokontany pour vérification des électeurs ? Les cartes d’électeur des nouveaux inscrits sont-elles distribuées[7] ? Les listes des candidats sont-elles disponibles[8] ? Les spécimens de « logo », seule moyen d’identification des candidats pour les électeurs le 31 juillet prochain, sont-ils affichés ? Étonnamment, les bailleurs de fonds sont complices dans cette indifférence portée aux électeurs malgaches alors que les affiches, pamphlets et informations de toutes sortes sont distribués aux électeurs lors des élections en Occident.

Personne ne semble vouloir reconnaître que la qualité des élus dépend de la qualité du processus électoral, à l’instar des députés qui ne représentent finalement qu’eux même et non leurs électeurs. Maintenant que certaines réformes (bulletin unique, commission électorale soi-disant indépendante, répartition égalitaire du temps d’antenne et prohibition de la propagande par les inaugurations officielles) ont été adoptées, le temps est venu d’améliorer la dissémination des informations aux électeurs, la transparence du financement et la valorisation des débats de fonds pour atténuer l’effet spectacle et t-shirt du processus. Il est temps, en bref, de mieux appliquer les dispositions légales en vigueur, afin que la CENI-T joue pleinement son rôle de garant d’élections justes, crédibles et transparentes, par exemple en matière d’éducation civique et de juste répartition du temps d’antenne.

Les enjeux

La prochaine élection des maires aura une grande importance : elle donnera la mesure du poids politique des uns et des autres, et elle désignera les maires qui seront notamment appelés à élire les deux-tiers des Sénateurs par un processus hélas aussi complexe qu’indigeste[9]. Pour la mise en place du Sénat, la constitution prévoit que les électeurs soient les élus de l’ensemble des élections territoriales (communes, régions, provinces). Or une disposition de la nouvelle loi régissant le Sénat, article 127, stipule que seuls les élus communaux élisent les futurs Sénateurs. Ce processus, même s’il a été validé par la Haute cour constitutionnelle (HCC), n’est pas conforme à l’esprit de la Constitution et témoigne du manque de volonté démocratique de nos dirigeants. Pourquoi cette exception ?

En attendant, aucune communication du gouvernement ne précise encore l’organisation de l’élection sénatoriale pour 2015, ni le nombre de régions et de provinces, d’autant plus que la loi de finance rectificative décidant de ce budget n’est pas passé en session ordinaire de l’assemblée nationale. Pourtant, la Chambre haute doit concourir au vote des lois avec la Chambre basse ; le Président du Sénat succède au Président de la République en cas de vacance ; et il revient au Sénat de choisir, entre autres, deux des membres de la HCC et de la Haute cour de justice (HCJ).

HCCPar ailleurs, la loi prévoit que les Chefs fokontany soient élus et installés juste après les élections communales. Pourquoi dans le cadre de la nouvelle loi 2014-020 portant sur la décentralisation, les décrets sur les fokontany n’aient-ils pas été intégrés aux « priorités 100 jours » du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation ? Ce serait là l’occasion idéale pour revenir à l’indispensable élection des Chefs fokontany par les citoyens.

Les maires sont les élus de proximité et les premiers intéressés par une décentralisation véritablement effective. Plus que jamais, ils devront bénéficier de pouvoirs et de ressources pour opérer là où l’État central n’a pas à intervenir. Il est donc essentiel que l’électeur, en choisissant son maire, puisse identifier un candidat capable de réaliser ses projets.

 

Antananarivo, 4 juillet 2015

Post-scriptum

Membre de la société civile, le SeFaFi se doit d’exprimer ici son étonnement. Madame la ministre de la Justice s’est permis de nommer unilatéralement un représentant inconnu de la société civile au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), non seulement sans consulter ladite société civile, mais encore en refusant la candidature de la Plateforme de la société civile.

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[1]. SeFaFi, « Les élections de 2015, un test pour l’État de droit », 15 janvier 2015.

[2]. Articles 37 et 38 de la loi 2011-012.

[3]. Article 45 de la loi 2012-005.

[4]. Article 46 de la loi 2012-005.

[5]. Article 17 du décret 2015-617.

[6]. Article 45 de la loi 2012-005.

[7]. Articles 6 et 7 du décret 2015-617.

[8]. Seule la CUA a reçu des informations abondantes sur ses candidats. Mais dans les communes limitrophes comme Ambohibao, dans les grandes villes et dans les communes rurales éloignées des médias, l’information sur les candidats est totalement absente.

[9]. Voir les articles 78 à 119 de la nouvelle loi organique n° 2015-007 du 3 mars 2015.

SEHATRA FANARAHA-MASO NY FIAINAM-PIRENENA

SeFaFi

Observatoire de la Vie Publique

Lot TR 41  Ampahimanga,  Ambohimanambola 103

Tél. 032 59 761 62   Email : sefafi@gmail.com   Site Web : www.sefafi.mg

 

Le pacte de responsabilité ?

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 rasolo
Des clignotants s’allument. Des signaux d’alarme retentissent. Cent vingt et un députés sur cent cinquante deux ont voté la déchéance du Président de la République.  Le gouvernement vient d’échapper à une motion de censure votée par quatre-vingt-quinze députés. Rien ne va plus entre l’exécutif et le législatif. Les rapports de force entre les deux institutions durcissent les conflits politiques. L’équilibre des pouvoirs, l’un des fondements de l’État républicain, est-il rompu en profondeur ?
De grands mouvements sociaux se préparent. Arrestation, procès, licenciement des leaders syndicaux. Une cinquantaine de syndicats se mobilise par solidarité avec les grévistes d’Air Madagascar. Les transporteurs urbains menacent d’augmenter leur tarif. L’insécurité traumatise des villages et des villes. La grogne et le mécontentement couvent des conflits sociaux. Sommes-nous condamnés à n’avancer que par explosion ? Mais chaque fois qu’on avance de cette façon, l’économie reçoit un coup d’arrêt, la pauvreté gagne du terrain.
De 2009 à 2013, Madagascar a vécu une période de Transition sanctionnée par la Communauté internationale. L’élection présidentielle combinée avec les législatives n’a pas pu tourner la page de la crise. Un an et demi après les élections, la crise réapparaît dans la vie politique, économique et sociale. Madagascar se trouve malmené par l’instabilité, la pauvreté, le chômage, l’incivisme, l’immoralité, telle une société sans norme et sans éthique.
Que faire ? Chacun a sa part de responsabilité dans cette crise dans laquelle s’embourbe notre pays. La Haute Cour Constitutionnelle a décidé d’un « pacte de responsabilité ». A nous de voir comment le réaliser. D’un côté, commençons par un dialogue politique ouvert entre les acteurs politiques. De l’autre côté, mettons en œuvre des structures de dialogue social en vue de trouver des réponses satisfaisantes aux questions et revendications des mouvements sociaux à travers des négociations sérieuses.
La Communauté Internationale marque sa présence et son amitié. Mais elle donne l’impression d’être bloquée. Qu’est-ce qui la freine ? Est-ce l’équilibre instable de nos institutions ? Est-ce la lourdeur des mécanismes des procédures ? Est-ce un problème de confiance vis à vis des partenaires malgaches ? Le fait est que les financements internationaux arrivent comme des gouttes d’eau, incapables de relancer énergiquement le développement. Après cette longue période de transition, dans un premier temps, il nous faut un soutien financier substantiel de la Communauté Internationale pour relancer réellement le développement.
Le pacte de responsabilité c’est quoi ? Un, nous avons un Président de la République et des députés élus pour cinq ans. Il nous faut respecter leur mandat respectif. Deux, aucun parti politique n’a la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une alliance des partis s’impose pour former une majorité stable autour des idées et d’un programme commun. Trois, le vouloir vivre ensemble met chacun devant sa responsabilité de respecter la différence, d’œuvrer pour la paix et l’harmonie sociale, de créer un élan national pour le développement effectif des 22 régions qui composent le territoire national. L’éveil de la conscience nationale nous permettra ensemble d’élaborer le contenu du « pacte de responsabilité » et de l’appliquer.
 
                                                                    
                                                                                                                                                  Antananarivo, 6 juillet 2015
                                                                                                                       
                                                                                                                         André Rasolo
                                                                                                                       

Madagascar: Celui qui tapera le plus fort gagnera

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95 OUI vs. 17 NON, Motion Rejetée !

Au lendemain du rejet de la motion de censure contre le Gouvernement, non pas parce que les voix contre la motion étaient moins nombreuses mais parce que la majorité des 2/3 requise n’a pas été atteinte, le régime de Hery Rajaonarimampianina se maintient mais à quel prix et jusqu’à quand ?

Il y a quelques semaines déjà, la Haute Cour Constitutionnelle a déclaré recevable la mise en accusation du Président de la République Malgache et qui demandait sa destitution, mais les chefs d’accusation avancés ont été déclarés non fondés. En peu de de temps, les députés ont essayé de faire tomber le Président de la République et son Premier Ministre. Voulant profiter de l’élan protestataire mené par l’Intersyndicale en soutien aux délégués d’Air Madagascar, initialement en conflit avec la direction de leur compagnie mais qui a rapidement tourné en règlement de compte politique, et qui se sont vus traînés en justice par le Secrétaire Général du Ministère du Tourisme, des Transports et de la Météorologie pour atteinte à l’économie nationale, les députés ont voulu porter le coup fatal à l’exécutif à défaut d’avoir fait tomber sa tête.

Une fois de plus, la versatilité du jeu des alliances au sein de l’Assemblée Nationale a démontré l’impossibilité de gouverner ou de compter sur des députés qui ne sont aujourd’hui aux yeux du peuple qu’un rassemblement de corrompus vendant leur voix au plus offrant à chaque vote. Le fait est que la situation ne peut durer car elle enlise le pays dans un contexte hautement instable, qui ne laisse à terme d’autre alternative que de dissoudre le Parlement actuel. A l’approche des élections communales prévues fin juillet, l’on s’interroge de plus en plus sur le fait de reculer ces échéances et de les repousser d’un mois afin de les jumeler avec des élections législatives anticipées.

Toujours est-il que le Président Rajaonarimampianina se doit de taper fort et de trancher sec pour s’imposer de manière durable, avec des faits et des actes probants, quitte à réorganiser sa garde prétorienne pour y parvenir car plus le temps passe, et plus il se fragilise, à moins d’actions fortes et imposantes de sa part.

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Des syndicalistes intouchables ? De quel droit ?

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MD1

Sur les réseaux sociaux et sur quelques sites d’information, des voix s’élèvent pour venir défendre les pilotes qui ont été convoqués par la police économique samedi dernier et qui seront présentés au Tribunal à Anosy ce lundi suite à une plainte du Secrétaire Général au prétexte de venir défendre des syndicalistes défendant leurs droits, et voulant ainsi les faire passer pour des opprimés.

Posons-nous la question : qui sont les vrais opprimés dans toute cette histoire ? Rado Rabarilala et ses six autres collègues convoqués ? Ou les passagers et autres employés de la compagnie Air Madagascar ? Nous ne mentionnerons pas encore les conséquences économiques au niveau national, mais juste au niveau de la société, de son personnel et de ses usagers.

Des approches ont été faites, des médiations ont été organisées, mais dans tous les cas, voulant profiter de cet élan populaire plus ou moins en leur faveur, Rado Rabarilala et ses collègues pilotes principalement, ont tout refusé en bloc, exigeant que toutes leurs exigences soient satisfaites avant tout.

Une évaluation interne a permis de déterminer que les grévistes, principalement les pilotes et une partie du personnel navigant commercial et du personnel au sol, représentent près de 30% de l’effectif. Mais un avion sans pilote ne décolle pas tout simplement, et si le cas échéant certains s’aventuraient à rompre les consignes de grève ou à refuser d’y participer, Mr Rado Rabarilala en personne soutenu par quelques-uns de ses collègues n’hésiteront pas à venir vous intimider et vous menacer, jusqu’à vous bousculer pour empêcher le décollage du vol. Les pilotes qui ont pris les commandes pour le vol vers Bangkok pourront en témoigner. Les membres d’équipage non-grévistes sont traités de traîtres par ces messieurs, et ces derniers leur promettent de refuser dès lors de les embarquer en tant que GP désormais. Pour rappel, le Commandant de Bord est le seul maître à bord de son avion, et a droit d’embarquer, débarquer ou de refuser d’embarquer n’importe quel passager à sa guise.

Un tiers des employés en grève, et ce sont les 900 autres qui risquent leur emploi car la compagnie évalue ses pertes à 500.000$ par jour minimum, le coût de prise en charge des milliers de passagers en souffrance avoisine déjà les 70.000$, et la fragilité financière d’Air Madagascar ne peut faire envisager que le pire dans une telle situation.

La Direction, le Conseil d’Administration, le ministère et la Primature ont tous essayé de traiter avec les grévistes mais sans succès. Les doléances, les réclamations sont légitimes, certaines demandes sont connues de longue date car ayant leurs sources dans un passé déjà lointain, mais au lieu de chercher à trouver une solution durable et consensuelle, on essaie de faire passer « le seul Conseil d’Administration qui a permis de renouveler la flotte, de commencer à débroussailler le personnel et d’appliquer des tarifs vers le bas » dixit un employé non-gréviste demandant l’anonymat par peur de représailles, pour de vulgaires voleurs et responsables de dix ans voire plus de gabegies.

Aujourd’hui, l’État porte plainte contre ces messieurs, non pas pour les poursuivre par rapport à leur droit de faire grève, qui rappelons-le est un droit constitutionnel, mais pour leur acharnement irresponsable vis-à-vis de la survie de la compagnie Air Madagascar. Un délégué du personnel ou chef syndicaliste pense à l’intérêt de ses collègues et de sa société, mais à aucun moment il ne contribue à l’emmener droit dans le mur, sachant pertinemment que la compagnie joue un rôle économique crucial. Le tourisme, premier rapporteur de devises, est tout simplement de nouveau à genoux après plusieurs mois d’efforts pour promouvoir la destination Madagascar, sans compter que les importations et exportations des marchandises y compris de matières premières sont fortement impactées.

Doit-on alors sous prétexte d’être un syndiqué ou d’être le leader d’un syndicat, avoir tous les droits et être intouchable ? Un leader est responsable de ses actions et de celles de ses compagnons. A force de le rappeler aux dirigeants actuels, ces messieurs ont semble-t-il oublié de se l’appliquer à eux-mêmes.

La situation présente se corse donc depuis cette plainte de l’Etat car Air Madagascar s’est portée partie civile. Une autre plainte vient également d’être déposée auprès du Bianco car selon quelques informations, dont certaines accessible sur Internet, le pilote principal meneur de grève aurait touché une très forte somme pour soutenir ses revendications et l’encourager à ne pas céder, avec garantie d’emploi à la clé dans les pires des cas dans le privé.

Alors intouchable toujours ? Autre détail, n’en déplaise à ces messieurs les pilotes, mais une clause particulière dans leur contrat d’embauche stipule que même en cas de grève, leur salaire ne sera en aucun cas affecté, ce qui signifie que tous les autres en pâtissent, mais eux s’en sortiront toujours les poches pleines.

Si couler une société, contribuer à mettre en danger l’économie d’un pays, proférer des menaces et agresser verbalement et physiquement des collègues pour des divergences de position, prendre en otages des milliers de passagers, et jouer avec l’emploi des collègues moins lotis font de vous des intouchables, alors rien ne va plus, les jeux sont faits. On refuse l’impunité mais on la prône. On porte des accusations de corruption alors qu’on est soi-même financé ou sponsorisé comme certains s’amusent à le dire pour maintenir le blocage.

La Justice tranchera entre protéger l’économie nationale de la menace et des actions des accusés, ou de leur accorder le droit de faire grève advitam eternam comme ils le revendiquent, sans omettre le fait que le Ministère du Travail avait déjà qualifié cette action d’illicite et irrégulière.

 

md1

Hevitra, partagé par Akoory.com
Loharanom-baovao Malagasy

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MadaOnline reprend du service

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Kris Jaggi

Kris Jaggi

Après 5 ans d’arrêt MadaOnline revient.

Changement de look et changement d’une partie de l’équipe pour cette nouvelle version, mais toujours les mêmes buts :

  • livrer les informations brutes, sans retouche ni orientation politique
  • éviter la désinformation et les critiques faciles
  • mettre l’accent sur le développement de Madagascar
  • mettre en avant les actions des différents ministères
  • relayer les messages des différents partis politiques
  • permettre les débats et les confrontations d’idées

MadaOnline se veut neutre et apolitique comme à ses débuts.

La Transition étant terminée et les acteurs politiques étant tous revenus sur le devant de la scène malgache il était temps pour nous de reprendre du service ! Nous avons juste fait l’impasse sur une période peu propice à tout développement et à toute reconnaissance internationale.

2015 nous donne matière à débattre et a motivé notre retour. D’un côté un gouvernement qui tente de mettre en place sa stratégie de développement et de l’autre une opposition plus souterraine et active que jamais appuyée par une météo capricieuse et des mouvements sociaux probablement pilotés !

Bienvenue sur MadaOnline & bonne lecture

Kris Jaggi

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Air Madagascar perte estimée à 3.5 millions de dollars

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La perte enregistrée au sein d’Air Madagascar à cause de la grève des employés est actuellement estimée à 3,5 millions de dollars. Aucune solution n’est pour le moment trouvée pour résoudre le problème. Les protagonistes campent sur leurs positions respectives.

La grève qui dure près d’une quinzaine de jours au sein d’Air Madagascar aurait déjà causé la perte d’environ 3,5 millions de dollars. Sans entrer dans les détails de la conséquence économique désastreuse de cette manifestation des syndicats du personnel, le directeur de la compagnie aérienne malgache, Haja Raelison, a confié que la « Grève met en péril tout le pays ».

A cause des annulations des vols, « la compagnie continue à prendre en charge l’hébergement des passagers et le remboursement qui sont onéreux ». En matière de prise en charge, Air Madagascar doit traiter mille cas par jours, depuis la grève de ses employés, selon toujours Haja Raelison. « Jeudi (dernier, ndlr), deux mille personnes ont été prises en charge ici (Madagascar) et à l’étranger et ce nombre a évolué », regrette le directeur d’Air Madagascar.

Pour ce qui est de la résolution des différends entre les dirigeants de la compagnie et les syndicats du personnel, les médiations menées par l’Inspection de travail qui a duré trois jours, la semaine dernière a échoué. Après l’appel du Président de la République à l’endroit des protagonistes de se mettre au tour d’une table de négociation, le Premier ministre, Jean Ravelonarivo, a pris en main la situation. Il en était décidé que les mesures disciplinaires prises par la direction générale soient suspendues et que les employés allaient remettre au travail le lendemain. Mais rien n’a été suivi.

« Les meneurs de grève insistent sur l’annulation de ces procédures disciplinaires…. Si nous acceptons l’annulation, cela veut dire qu’il n’y aura aucun respect pour le système de management en place. Ce sera l’anarchie totale, car il n’y aura plus de balises », déclare Haja Raelison, en maintenant sa position de vouloir de licencier les meneurs de grèves d’Air Madagascar.

Source : http://www.linfo.re/ocean-indien/madagascar/671832-la-perte-d-air-madagascar-estimee-a-3-5-millions-d-euros